Comment nous attribuons un statut à chaque cellule de la matrice, comment nous enrichissons mois après mois,
comment nous conservons les preuves sans qu'elles ne soient manipulables. La transparence méthodologique est
l'angle de défense principal d'un comparateur indépendant — voici la nôtre.
1 · Les quatre niveaux de preuve
Chaque évaluation est cotée selon un niveau de preuve, du plus fiable (L1) au plus faible (L4). Le niveau de preuve
est repris sur les fiches acteur, à côté de chaque statut. Les niveaux sont définis comme suit.
L1
Source officielle indépendante
La donnée provient d'un registre officiel public qui ne dépend pas de l'acteur évalué et qui
engage la responsabilité d'une institution publique ou d'un organisme tiers accrédité.
ANS — esante.gouv.fr/hds (liste officielle des hébergeurs HDS certifiés).
ANSSI — cyber.gouv.fr (catalogue SecNumCloud actif et en cours).
RIPE NCC — propriété des préfixes IPv4/IPv6 européens.
PeeringDB — registre public des AS et de leur présence dans les IX.
AFNOR Certification · Bureau Veritas · LSTI · BSI — certificats publiés par les organismes accrédités (ISO 27001, 27017, 27018, etc.).
cybermalveillance.gouv.fr — label ExpertCyber.
JOUE · Légifrance — textes réglementaires (NIS2, DORA, AI Act).
Fiabilité : maximale. Une donnée L1 reste valide tant que la source officielle n'a pas changé. Vérification croisée recommandée à chaque mise à jour trimestrielle.
L2
Source officielle de l'acteur (verbatim)
La donnée provient du site officiel de l'acteur lui-même, sous forme de citation verbatim
extraite, avec URL exacte, extrait et date de fetch. Vérifiable indépendamment par n'importe qui qui fetche la
même URL à la même date.
Page de conformité, mentions légales, page "À propos".
Communiqué de presse hébergé sur le site officiel.
Rapport annuel ou rapport de transparence publié sur le site officiel.
Fiabilité : élevée. Une donnée L2 reste valide tant que l'acteur n'a pas modifié sa page. Les snapshots Wayback Machine sont systématiquement archivés en complément lors de l'extraction (cf. processus d'enrichissement).
L3
Source presse ou rapport tiers
La donnée provient d'une publication tierce qui rapporte ou commente une information sur
l'acteur — sans que l'acteur en soit lui-même l'auteur direct.
Article de presse (journal, média spécialisé).
Étude marché (Markess, Gartner, IDC, etc.).
Communiqué de presse repris par un média tiers (sans contrôle éditorial de l'acteur).
Mention dans un rapport public (ARCEP, ANS, cour des comptes, OCDE).
Fiabilité : moyenne. Une donnée L3 peut être imprécise (rapporteur tiers ayant pu mal interpréter). Croisement avec L1 ou L2 recommandé.
L4
Savoir interne — banni pour tous
La donnée provient d'une connaissance opérationnelle interne — relation commerciale, échange
client, déclaration informelle d'un cadre, savoir de marché non publiable. Ce niveau de preuve est
banni pour tous les acteurs, y compris Guardis.fr (hébergeur du même groupe que l'éditeur).
Cette règle a été instaurée en v1.8 (mai 2026) pour garantir l'méthodologie d'évaluation publique. Si Guardis disposait de
son propre savoir interne, nous interdire de l'utiliser garantit que toutes les évaluations reposent sur des
sources publiquement vérifiables par n'importe quel lecteur — y compris par les acteurs concurrents
qui peuvent contester nos évaluations. Voir la note d'méthodologie d'évaluation publique.
Fiabilité : non admise dans le comparateur public. Les éventuelles informations de niveau L4 relatives à Guardis.fr ou aux entités du même groupe ne sont pas répercutées dans la matrice publique.
2 · Les sept états factuels
Sept états couvrent toutes les situations rencontrées sur les 14 948 cellules de la matrice (404 acteurs × 37 critères).
La distinction entre "Non documenté" et "Non — preuve d'absence" est centrale : nous ne déclarons jamais "Non"
par défaut. L'absence d'information est explicite et n'implique pas l'absence du service.
3 · Règles d'arbitrage
Trois principes guident l'attribution d'un statut à une cellule. Ils sont appliqués uniformément à tous les
acteurs, y compris Guardis.
Doute → "Non documenté", jamais "Non". Une information non trouvée sur les sources publiques
consultées est consignée comme "Non documenté" (—), pas comme "Non" (✗). Le "Non" exige une preuve documentée
d'absence — par exemple un site officiel qui revendique explicitement "nous n'opérons pas d'AS BGP en propre".
Sources publiques uniquement. Aucune information confidentielle, NDA-bound, ou issue d'une
relation commerciale ne peut servir d'évidence pour le statut public. Cf. règle L4.
Verbatim daté. Pour chaque cellule "Vérifié" ou "Revendiqué", nous conservons en interne la
citation verbatim de la source, son URL et la date de fetch. Le verbatim est exposé en tooltip sur la fiche
publique de chaque acteur.
4 · Cohérence critère ↔ scope HDS
Un acteur ne peut être "bonifié" sur un critère que si l'activité HDS correspondante est dans son
scope certifié ANS (cf. les 6 activités HDS). Sinon, le critère est marqué
"hors scope HDS" (⚠) ou "non concerné" selon le cas.
Exemples :
"Sauvegarde immuable" exige activité HDS 6. Un acteur certifié 1+2 seulement qui revendique "Sauvegarde immuable" est marqué ⚠ avec mention "service revendiqué hors scope HDS certifié".
"Datacenter France exclusivement" exige activité HDS 1. Un acteur sans activité 1 peut revendiquer DC France via un partenaire HDS certifié activité 1 — la mention sera "datacenters HDS-certifiés activité 1, opérés par partenaires".
5 · Processus d'enrichissement trimestriel
La matrice évolue à chaque cycle trimestriel selon le processus suivant :
Pour qu'une évaluation ne puisse pas être manipulée a posteriori, chaque cellule "Vérifié" ou "Revendiqué" est
accompagnée d'une preuve archivée par trois mécanismes indépendants :
Hash SHA-256 du verbatim + date ISO 8601, journalisé dans data/sources/<slug>.json
(commit Git public). Toute modification ultérieure du verbatim modifie le hash, traçable dans l'historique Git.
Archive Wayback Machine : l'URL source est systématiquement snappée sur
web.archive.org au moment de
l'extraction. Le lien Wayback est conservé à côté du verbatim. Vérifiable par n'importe qui.
Historique Git public — l'ensemble du repository (404 matrices, 404 fiches, 37 fiches critères,
37 fiches profils) est versionné. Chaque cycle trimestriel = un commit nominal. Les diffs sont publiquement
consultables sur GitHub.
Si nous modifions un verbatim, ces trois mécanismes le révèlent immédiatement. Si un acteur conteste une évaluation,
nous pouvons produire la preuve datée et signée du verbatim original.
Le bloc « Souveraineté technologique » (visible sur la fiche acteur et sur la
matrice cross-check dédiée) repose sur 8 critères structurants
pour la conformité DORA et NIS2. Chacun est
vérifié sur une source publique indépendante (niveau L1).
Opérateur télécom déclaré ARCEP — statut L33-1 / L34-1 vérifiable sur
arcep.fr.
Source : registre public ARCEP. Niveau de preuve : L1.
AS BGP propre — système autonome opéré par l'acteur (et non chez un fournisseur).
Vérification croisée sur RIPE whois
(holder de l'AS) et bgp.he.net
(ORG name, préfixes annoncés). Voir notre méthodologie AS BGP détaillée.
Niveau : L1.
IPv6 natif — résolution AAAA active sur le site officiel ET préfixe IPv6 originé
sous l'AS de l'acteur. Vérification automatique via DNS + bgp.tools.
Niveau : L1.
RPKI signé et valide — *Resource Public Key Infrastructure* : signature
cryptographique des préfixes IPv4/IPv6 annoncés en BGP. Vérification sur
rpki-validator.ripe.net
et bgpview.io.
La couverture RPKI ≥ 80% est considérée « valide » dans notre matrice ; ≥ 99% sans invalid = niveau
de maturité réseau maximal. Niveau : L1.
Anti-DDoS opérateur — mitigation au niveau du backbone (BGP blackhole community
chez l'upstream, ACL upstream, capacités scrubbing). Documenté sur le site de l'opérateur ou
via communiqués techniques. Niveau : L2-L3 selon publication.
Collecte fibre propre — opérateur fibre licencié dans le groupe de l'acteur
(pas de sous-traitance externe). Vérifié via le registre ARCEP
et croisé avec le SIREN groupe (Pappers). Niveau : L1.
Collecte mobile propre — opérateur mobile / M2M licencié dans le groupe.
Idem : ARCEP + Pappers. Niveau : L1.
Peering policy open — déclaration publique sur
PeeringDB du champ
policy_general = open. Niveau : L1.
Données enrichies
Pour chaque acteur, nous collectons les éléments suivants quand ils sont disponibles publiquement :
ASN, nom et RIR, date d'allocation, AS-SET IRR, préfixes IPv4 et IPv6 originés, transit upstreams
(et leur tier), peering policy, datacenters PeeringDB. Le pipeline est piloté par le script
scripts/collect-bgp-data.py (versionné en Git public). Sources : BGPView, PeeringDB,
RIPE WHOIS. Le fichier canonique est src-data/sovereignty-tech.json.
Limites connues
Un acteur HDS peut avoir son infrastructure HDS souveraine sans que cela transparaisse
sur la connectivité de son site corporate public. Le bloc Souveraineté technologique mesure la
maîtrise réseau publique observable, pas la qualité de l'infrastructure HDS sous-jacente.
La policy de peering sur PeeringDB est déclarative, pas vérifiable au sens strict.
Un acteur peut annoncer « open » et refuser certains peers en pratique.
Les datacenters PeeringDB reflètent où l'AS est présent réseau-ment, pas
nécessairement où les données client sont stockées (qui peut être un autre site, sous-traité ou
partenaire HDS).